Durant le trajet, des pupilles jaune tapie dans les ombres me regardent fixement. J'oublie parfois que ma panthère a un si joli regard. La voiture s'arrête, je lève la tête vers ce ciel si peu étoilé et si pollué par toute cette lumière. J'embrasse ma panthère et joue encore un peu avec elle avant de laisser Alice repartir avec celle-ci.
J'erre dans le hall à attendre cet avion que je ne veux pas prendre. Une chose de sur, onze heure de vol, c'est plus que long, c'est insupportable ! Brume à la sortie de l'aéroport, mon guide qui me salut vivement, on part dans un endroit chic pour manger, même si la faim n'est pas là. Toujours cette stupidité de croire que pour épater un occidental faut l'emmener dans pareil endroit. Si seulement il savait.
Maintenant, la tête contre vitre, les papiers officiels de ma visite sur ce territoire que je n'apprécie pas, je ris. Pourtant, je suis difficile à rire. Il y a maintenant cinq ans que la Chine m'a mis à la porte en me demandant de ne plus jamais revenir. L'amertume de cette époque n'est plus. La Chine m'a mis à la porte parce que je n'étais pas là ou j'aurais du et pire que tout, je n'aurais jamais du prendre ses photos. Et aujourd'hui, je reviens pour faire des photos avec toutes les autorisations nécessaires ! Mémoire courte ? Ou autre ?
Deux jours pas un de plus ! Autant dire que je n'aurais pas le temps de revoir cette ville tel que je l'avais vu auparavant. Elle semble avoir changé mais je ne saurais dire vraiment... Hypocrisie d'un gouvernement, pensée qui se veut formater... Une heure du mat, toujours la tête rêveuse, qui ne désire qu'une chose, partir de cet endroit sordide...
